L’immobilisme dans le développement et le mythe des taxes municipales stables

Je rencontre régulièrement des élus et des citoyens ruraux qui ont un souci récurrent : «Ne pas augmenter les taxes municipales!».  Ce souci apparaît bien légitime dans des petites communautés rurales éloignées dont les citoyens sont souvent parmi les moins bien nantis de la Province.

Il est ainsi normal que le réflexe de prudence soit appliqué face à toute dépense locale. La question est de savoir si les coûts associés au développement d’une communauté sont une dépense ou un investissement.

Comme nous l’avons vu dans le précédent article, les actions de développement font partie d’un processus visant à améliorer la qualité de vie de la population.

Est-ce que le coût d’une action visant à améliorer la qualité de vie collective est une dépense ou un investissement?

Quelle différence me direz-vous?  Dépense ou investissement, il y aura toujours une facture qu’il faudra payer!

Pourtant, on ne peut pas ignorer une différence essentielle entre la dépense qui maintient les acquis et l’investissement qui vise un changement ayant des conséquences positives sur la communauté.

Par exemples, l’entretien des rues, le déneigement, la mise à jour d’un site Web, les rénovations d’une bâtisse, le salaire des employés administratif et d’entretien, etc. constituent définitivement des dépenses qui pèsent directement sur les taxes.

Par contre, l’aménagement d’un nouveau parc, l’acquisition d’un bâtiment propice à de nouvelles activités, la réalisation d’une piste cyclable, un plan de communication afin de mettre en valeur le territoire, etc. constituent des investissements visant à bonifier la qualité de vie collective et individuelle. Cette bonification est susceptible d’attirer de nouveaux citoyens et de nouvelles entreprises, bref d’attirer de nouveaux revenus pour la communauté. C’est ce que l’on appelle : un retour sur l’investissement.  Impossible d’avoir un tel retour avec une dépense.

Une dépense ne fait que maintenir un acquis (immobilisme), elle n’apporte pas de changements positifs dans la communauté.  Sans changement positif, le risque de vivre des changements négatifs (entreprises et services qui ferment) sont plus grands avec comme conséquences un exode de la population, une perte de la valeur foncière et des revenus municipaux.  Les dépenses visant à maintenir les acquis sont susceptibles d’augmenter dans le temps (inflation) ce qui va accroître la pression fiscale sur la population restante qui risque elle-aussi de quitter la communauté puisqu’il y aura moins de services pour des taxes à payer plus grandes. Et si le mythe des taxes stables est fortement ancré dans cette communauté, il y aura de moins en moins de services et d’entretien.

Jusqu’à quand la population restante va-t-elle accepter de rester dans une communauté en déclin ? 

Si certains doutent encore de ce raisonnement, lisez cet article de Pierre-André Normandin paru dans La Presse.ca le 12 mai 2015 sous le titre : Palmarès des municipalités : des petits villages pris à la gorge.

2 réflexions sur “L’immobilisme dans le développement et le mythe des taxes municipales stables

  1. Merci Jerry pour ce bel article je me suis fait des copies pour mon conseil et certains maires

    Robert G. Roy
    Maire
    [Logo_EastAngus (courriel)]
    200, rue Saint-Jean Est,
    East Angus (Qc) J0B 1R0
    Téléphone : 819-560-8600 poste 2410
    Télécopieur : 819-560-8611
    maire.eastangus@hsfqc.ca

  2. Pingback: Là où il fait bon vivre! Mais encore ??? | Avenir Haut-Saint-François

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