Comment rendre un territoire attrayant et compétitif?

Le Prof Vachon (*) vient de publier un article intitulé : « 10 éléments de réflexion au ministre Moreau ». Dans cet article, le Prof lance une citation qu’il répète souvent et qui est l’une des fondations du développement collectif :

On ne peut faire naître et croître des entreprises dans un désert social et culturel. L’entreprise vit et se développe en symbiose avec son milieu.

Puis, le Prof explique qu’un territoire peut se développer grâce à la mise en place d’une série d’avantages destinés aux familles ainsi qu’aux entreprises. Il mentionne que :

La combinaison et le degré d’atteinte de ces avantages procurent l’attractivité et la compétitivité aux territoires. Plus celles-ci seront fortes, plus la dynamique démographique et économique d’une collectivité territoriale sera performante sur les plans économique et social.

1- Les avantages à mettre en place afin de favoriser l’attrait et la rétention des familles

  • l’accessibilité à la diversité, la qualité et la fiabilité des services publics ;
  • le dynamisme de la vie communautaire ;
  • la qualité du cadre de vie ;
  • l’attention et la place accordées aux jeunes et aux femmes dans les organismes consultatifs et de prise de décision ;
  • la disponibilité en logements pour les nouvelles familles ce qui implique plus de souplesse dans l’application du zonage agricole ;
  • l’accès à Internet haute vitesse et à la téléphonie mobile dans toutes les petites villes et villages, à titre d’outils d’information, d’éducation et de divertissement au sein des familles.

2- Les avantages à mettre en place afin de favoriser l’attrait et la rétention des entreprises

  • la disponibilité de sites d’implantation ;
  • la diversité et la qualité des infrastructures et équipements publics ;
  • la qualification de la main-d’œuvre ;
  • l’accès à des programmes de formation de la main-d’œuvre adaptés aux créneaux d’excellence régionaux et aux besoins des entreprises ;
  • les services-conseils aux entreprises (soutien technique, administratif et financier) ;
  • les aspects qualitatifs et organisationnels du support offert aux entreprises (procédures administratives, import-export), ainsi que l’environnement de la production en général (systèmes productifs locaux, grappes industrielles, réseautage, maillage d’entreprises,…);
  • l’accès à du capital de démarrage et d’expansion des entreprises ;
  • la disponibilité de réseaux de communications électroniques dans toutes les petites villes et communautés rurales, selon diverses technologies, donnant ainsi accès, sur tous les points du territoire, au service Internet à haute vitesse et téléphonie mobile comme facteurs modernes de soutien aux entreprises et aux travailleurs salariés ou autonomes à distance (télétravailleurs) ;
  • les transferts technologiques ;
  • l’organisation des systèmes de gestion et de production (incluant le coworking);
  • la concertation et le partenariat entre les différents acteurs publics et privés du développement ;
  • le développement d’un esprit d’entreprise (stimulation et reconnaissance des réalisations du monde des affaires, diffusion des connaissances et expériences) ;
  • les programmes de soutien à la diversification des productions en agriculture, en foresterie et dans les pêches, et la promotion de façons de faire écologiques dans ces domaines ;
  • programmes de soutien aux entreprises de transformation;
  • idem pour le développement de nouveaux produits touristiques;
  • programmes de soutien à l’innovation et à l’expérimentation (droit à l’erreur);
  • la rénovation des infrastructures et équipements publics des petites villes et des villages, notamment la voirie locale ;
  • disponibilité de locaux en location et de services partagés offerts aux entreprises;
  • le niveau des taxes foncières ;
  • les avantages fiscaux ;
  • etc.

Évidemment, afin d’optimiser cette combinaison d’avantages permettant d’obtenir des résultats socioéconomiques significatifs, il est essentiel que les acteurs locaux, supra locaux et régionaux travaillent ensemble dans un processus global de développement qui est au fond le seul et unique «projet de territoire» duquel plusieurs projets concrets pourront alors émerger, en toute cohérence et cohésion territoriale.


(*) Bernard Vachon a été professeur-chercheur du Département de géographie de l’Université du Québec à Montréal de 1969 à 2000 et il est rédacteur de La chronique du Prof sur Néorurale.ca

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