L’estime de soi et du «Nous» une affirmation faite de nuances.

Dans l’article précédent, j’ai abordé rapidement la notion d’estime de soi et du «Nous» en tant qu’éléments centraux du développement territorial. En effet, l’estime de soi et du «Nous» permettent l’affirmation et la motivation de l’être humain, deux moteurs de la capacité d’agir et d’entreprendre.

Les recherches démontrent que certains gestes favorisent l’estime de soi chez l’enfant, par exemples :

  • Encourager les actions de coopération
  • Produire du plaisir à agir dans le développement collectif
  • Encourager à faire des choix et à développer l’autonomie
  • Encourager la créativité

Dans nos comportements d’adultes en relation avec les autres n’y-a-t’il pas souvent confusion entre «affirmation» et «opposition»? Peut-on réellement s’affirmer dans un groupe sans pour autant s’imposer?  Peut-on coopérer (travailler ensemble) sans brimer son individualité (croyances, créativité, personnalité, etc.)?

En fait, ne confondons-nous pas «l’affirmation» issue de l’estime de soi et «l’affirmation» issue d’un besoin d’être reconnu et apprécié des autres (un besoin qui contraste avec l’estime de soi)?

L’affirmation liée à l’estime de soi permet à une personne de partager ses idées et ses opinions avec les autres sans avoir peur de leurs commentaires. Au contraire, la personne les reçoit comme une façon de faire évoluer ses croyances ou pensées, d’évoluer elle-même et finalement de favoriser l’intérêt collectif dans un processus d’apprentissage collectif.

Nous apprenons tous des uns et des autres et nous devenons plus forts individuellement et collectivement dans ce processus.

À l’inverse, l’affirmation issue d’un besoin de reconnaissance devient un combat qu’il faut gagner contre les autres afin d’en ressortir vainqueur peu importe le sujet. L’intérêt personnel de reconnaissance est prioritaire sur les solutions d’intérêt collectif.

Dans ce cas, l’essentiel n’est pas de participer, mais bien de briller parmi les autres.

Stéphane Laporte dans sa chronique intitulée L’éloge de la nuance parue dans La Presse Plus du 25 janvier 2015 dénonce cette affirmation de soi liée au besoin de reconnaissance. Ce type d’affirmation nous empêche d’écouter les autres et ainsi de trouver de meilleures solutions à nos défis collectifs.

Nous vivons dans un monde qui manque cruellement de nuances. Tout est noir ou tout est blanc. (…). Peu importe, le sujet, il faut être pour ou contre. Et de façon tranchée. On méprise les discours nuancés. On les trouve mous. Faut surtout pas douter. Faut être convaincu d’avoir raison. (…). Ça prend quelqu’un qui est totalement pour et quelqu’un qui est totalement contre. Pis engueulez-vous! Donnez un show.

Cette façon de nous comporter nous enferment dans des débats stériles qui ne nous font pas progresser collectivement. Ce modèle figé de comportement nous paralyse socialement en limitant totalement notre capacité de création et d’innovation à l’origine de tout développement territorial. La créativité n’émerge-t-elle pas de notre rapport à l’extérieur ? Si ce rapport est conflictuel, l’énergie passée dans le combat sera absente pour trouver des solutions innovantes.

Ce n’est pas en reproduisant toujours les mêmes façons de faire sclérosée et sclérosantes que l’on va obtenir de meilleurs résultats.

Si on veut changer le monde, il faut changer notre façon de voir le monde. De l’aborder. Arrêtez de tout séparer en deux. Arrêtez de diviser pour régner. Il faut apprendre à nuancer. (…). Nuancer, c’est se mettre en mode solution, au lieu de rester en mode confrontation.

Une réflexion sur “L’estime de soi et du «Nous» une affirmation faite de nuances.

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