Le point sur le secteur agricole québécois

Il est rare de trouver un article de synthèse sur l’agriculture québécoise moderne. C’est Marco Bélair-Cirino qui nous l’offre dans Le Devoir du 15 juin 2013 sous le titre : « Entrevue – souveraineté alimentaire : se donner les moyens de ses ambitions ».

Il a interrogé Jean Pronovost pour faire un bilan du secteur agricole québécois depuis le dépôt du rapport de la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois en février 2008.

Bien sûr, il ne s’agit pas d’un bilan quantitatif avec des analyses chiffrées rigoureuses. Il s’agit plutôt d’un bilan qualitatif du système. Après tout, les chiffres ne sont-ils pas que les résultats d’un processus?

Dans cette entrevue, Jean Pronovost dénonce, tout d’abord, le manque de cohérence dans les décisions politiques. Le gouvernement Charest consulta beaucoup, sans vraiment tenir compte des études, et le gouvernement Marois décida d’agir, sans prendre le temps d’analyser. Jean Pronovost poursuit en mentionnant que la récente politique de souveraineté alimentaire est très intéressante et louable, mais trop imprécise sur les moyens à mettre en œuvre pour l’atteindre.

Il estime, ensuite, que le système étouffe par trop de rigidités. Le secteur agricole et agroalimentaire québécois n’a pas évolué depuis 2008, ni en pire, ni en mieux, mais il est trop soumis aux aléas de la conjoncture, ce qui peut représenter une bombe à retardement.

Quant au modèle agricole québécois traditionnel « une terre – une famille », il semble être un rêve difficile à atteindre (voir aussi un article paru dans Le Devoir du 15 juin 2013  « La fin de la ferme familiale? »). Jean Pronovost préfère parler d’une « agriculture plurielle » avec plusieurs modèles existants. Le modèle coopératif dans lequel « […] deux ou trois agriculteurs s’associent pour avoir une plus grosse ferme qu’ils opèrent en commun, chacun se spécialisant dans un des aspects de l’opération et de la gestion de la ferme ». Le modèle de niche avec des fermes de petites tailles qui sont très spécialisées, et finalement, le modèle industriel avec des fermes « […] hautement mécanisées qui produisent sur une base quasi industrielle des produits pour consommation de masse ».

Pour conclure, Jean Pronovost porte un regard sur les agriculteurs rencontrés lors de sa tournée de 2007 :

[..] des gens authentiques fiers de leur ruralité, de leur héritage, de la place qu’ils occupaient… […] En plus, il faut qu’ils soient vétérinaires, agronomes, bons mécaniciens. Ils sont d’une polyvalence! C’est une profession qui est très moderne. Elle est moderne dans ses techniques, mais pas assez dans ses structures.

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