Pourquoi la participation citoyenne est-elle nécessaire au développement territorial?

Je ne ferai pas une thèse de doctorat sur ce sujet qui pourtant le mérite amplement. Dans le cadre de ce Blogue, j’irai à l’essentiel.

Ainsi, deux éléments m’apparaissent importants à retenir pour répondre à cette question. Tout d’abord, le régime politique de nos territoires : la démocratie.  Ensuite, la complexité du développement territorial exige une contribution de tous. Voyons voir ces deux aspects en détails.

1- La démocratie est un régime politique dans lequel le peuple a le pouvoir. On comprend alors que toute décision territoriale devrait être discutée et prise avec les citoyens par simple respect du régime politique que nos ancêtres ont mis en place. On peut comprendre que certaines décisions administratives concernant «les affaires courantes de la cité» soient prises par des représentants du peuple afin d’éviter la paralysie des services. Mais quand on parle de développement territorial, parle-t-on d’affaires courantes ou d’avenir collectif ? Poser la question c’est y répondre. Il m’apparaît ainsi essentiel et incontournable que toutes les décisions concernant l’avenir d’un territoire soit au préalable discutées puis décidées collectivement. La démocratie est ainsi la raison centrale de faire participer les citoyens au développement territorial. D’ailleurs, il est assez désolant de voir que les citoyens n’exigent pas une telle implication.

2- Le développement territorial est complexe. Il est complexe, car il ne suffit pas de réaliser des projets pour faire du développement. Encore faut-il que ces projets s’intègrent parfaitement aux besoins des populations présentes et futures.  Or, ces besoins ne sont pas faciles à connaître et à comprendre, car ils dépendent eux-mêmes de plusieurs facteurs interdépendants reliés aux aspects sociaux, culturels, environnementaux et économiques d’un territoire eux-mêmes influencés par plusieurs facteurs extérieurs à ce territoire. Autant de facteurs qu’il faudrait à la fois maîtriser et anticiper. Le bulletin de l’Observatoire en économie sociale, développement régional, organisation communautaire et développement international, supporté notamment par l’Université du Québec en Outaouais, mentionne dans sa section : «Notions de développement local, régional et territorial» que les notions de développement sont complexes notamment :

(…) parce que le développement local est au carrefour de plusieurs disciplines (économie, gestion, géographie, sociologie, sciences du développement régional, travail social) et est analysé à partir d’approches théoriques différentes, voire opposées (coût de transaction, districts industriels, milieu innovateur, systèmes locaux de production, communauté d’appartenance, etc.). 

Afin de trouver le chemin d’un avenir meilleur, cette complexité ne peut être abordée que par la participation de plusieurs membres (acteurs ou agents) vivant ou travaillant sur le territoire (communauté) formant ce qu’il est commun d’appeler une intelligence collective. Selon Wikipédia :

Lintelligence collective désigne les capacités cognitives d’une communauté résultant des interactions multiples entre ses membres (ou agents). La connaissance des membres de la communauté est limitée à une perception partielle de l’environnement, ils n’ont pas conscience de la totalité des éléments qui influencent le groupe. Des agents au comportement très simple peuvent ainsi accomplir des tâches apparemment très complexes grâce à un mécanisme fondamental appelé synergie ou stigmergie. (…).  Les caractéristiques de l’intelligence collective sont (notamment) :

  • Une information locale et limitée : Chaque individu ne possède qu’une connaissance partielle de l’environnement et n’a pas conscience de la totalité des éléments qui influencent le groupe.
  • Un ensemble de règles simples : Chaque individu obéit à un ensemble restreint de règles simples par rapport au comportement du système global.
  • Des interactions sociales multiples : Chaque individu est en relation avec un ou plusieurs autres individus du groupe.
  • Une structure émergente utile à la collectivité : Chaque individu trouve un bénéfice à collaborer (parfois instinctivement) et sa propre performance au sein du groupe est meilleure que s’il était isolé.

Ainsi la complexité du développement territorial oblige à l’aborder via l’intelligence collective qui requiert, comme le souligne le groupe Communagir :

un engagement et des opportunités de participation permettant de constituer une intelligence collective dont le « tout est plus que la somme de ses parties ».

6 réflexions sur “Pourquoi la participation citoyenne est-elle nécessaire au développement territorial?

  1. Salut Jerry,
    « D’ailleurs, il est assez désolant de voir que les citoyens n’exigent pas une telle implication. »
    Comment faire pour motiver les citoyenEs à exiger ce minimum démocratique?

    Martine

    • En créant des espaces territoriaux de réflexion et d’action dans lesquels ils ont du plaisir et peuvent constater leur pouvoir d’agir. Il est clair qu’au début, il n’y aura pas foule, mais avec le temps, les citoyens vont aimer leur participation et vont en redemander.

  2. Part of the problem in this region is that we have a fractured and divided community and society. The anglos do not come forward, they do not paticipate. Why do you think that is? I will tell you. They are like exotic wildlife – like the the racoons that come in the night and tip over your garbage pail. Known to exist but rarely seen or heard. They are in their enclaves, silent and invisible. Someone needed to say this.

    • Je ne crois pas que les anglos participent moins que les francos. Je connais plusieurs anglos qui s’investissent. Est-ce qu’il y en a moins que des francos ? Sûrement. Pourquoi ?

      1- Il y a d’abord une question de pourcentage. Seulement un faible pourcentage de personnes participent à la vie communautaire. La population anglo est plus faible que la population franco il est donc normal à pourcentage égal qu’il y ait moins d’anglos que de francos qui participent.

      2- Il y a ensuite une question de barrière linguistique et culturelle notamment quand il faut définir et réfléchir à des objectifs communs. Les façons de voir et de faire peuvent être différentes dans des cultures différentes. À cela vient aussi s’ajouter les subtilités linguistiques qui ne permettent pas toujours de bien nous comprendre.

      3- Pour finir il y a le manque d’organisation locale pour provoquer des rencontres entre les deux communautés et les faire travailler ensemble. Rendre les gens utiles et leur permettre de constater qu’ils ont un pouvoir d’agir dans leur communauté fait des miracles autant chez les anglos que chez les francos.

  3. Jerry,
    « La vie communautaire » is by now merely an abstraction and a quaint artifact. People do not know how to come together collaboratively, with reciprocity, because there is no longer fertile ground for doing so outside of overt organizational structures. Grassroots ‘neighbourliness’ is a thing of the past. We seem to have to contrive conditions for that to occur. The ‘Consumer Self’ is now an entrenched identity within a consumer society. Markets dictate how people identify – with themselves and with others. Read Stiglitz on this, for example. Bonne journée!

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