Créer de l’emploi ou bâtir un territoire créateur d’emplois ?

En tant qu’acteurs du développement territorial (élus, citoyens impliqués, professionnels de soutien ou d’accompagnement) peut-on réellement créer des emplois permanents et rémunérés ?

Certes, on peut toujours mener des actions qui vont être propices à la création d’emplois, mais force est de constater que seuls les entrepreneurs individuels ou collectifs qui vendent des produits ou des services ainsi que les services publics (municipaux, mrcéens, provinciaux et fédéraux) peuvent avoir la capacité financière d’embaucher des ressources humaines.

Dans son article paru sur MSN Finances  : « Économie : l’Amérique du nord en panne », Pierre Fortin mentionne, chiffres à l’appui, que l’Amérique du Nord est en panne de croissance économique et que le Québec doit s’appliquer à certaines tâches s’il veut tirer son épingle du jeu de cette économie nord-américaine qui traîne la patte. Parmi ces tâches, Pierre Fortin souligne :

(…) bien instruire ses enfants, valoriser la responsabilité personnelle et l’entrepreneuriat, mieux gérer son secteur public, consolider ses protections sociales, taxer le carbone, se bâtir une culture de confiance et de pragmatisme plutôt que de chicane et de rigidité. L’économie, ça passe aussi par le social.

Il semblerait ainsi que les acteurs d’un territoire aussi petit soit-il (une municipalité) devraient prendre en considération ces tâches s’ils souhaitent dynamiser leur économie.

En résumé, les acteurs du développement territorial doivent créer un environnement propice à faire émerger un entrepreneuriat qui est le véritable créateur d’emplois. Cette environnement propice passe par le social, c’est-à-dire par la création d’un cadre de vie dans lequel les citoyens vont pouvoir s’épanouir, contribuer à l’effort collectif, prendre part, … bref, être heureux de vivre et d’agir ensemble sur ce territoire.

Il faut ainsi aller plus loin que de simplement accompagner ou soutenir des entrepreneurs ayant un projet en tête. Il faut les faire naître!  N’oublions pas que les entrepreneurs ne tombent pas du ciel, ils sont issus de la population. À ce titre, le Haut-Saint-François peut se réjouir d’avoir bâti une microsociété d’épanouissement des étudiants du secondaire de la Polyvalente Louis-Saint-Laurent.  En effet, le projet de Cité-École est une véritable pépinière d’entrepreneuriat et de futurs leaders du développement tout en ayant des retombées concrètes et positives sur leur réussite scolaire et leur rétention sur le territoire.

Pour conclure, un groupe de chercheurs du Centre de recherche sur le développement territorial écrivait une lettre ouverte au 1er Ministre Couillard intitulée : « Pour un Québec prospère, des institutions publiques régionales fortes ». Cette lettre était une réaction aux coupures budgétaires annoncées, à la fin de 2014, dans le développement local et régional.  Voici quelques extraits de cette lettre :

Certes, l’entreprise privée est un acteur incontournable mais, comme l’ont montré nombre de travaux scientifiques, sa réussite dépend des ressources qu’elle doit trouver dans son milieu : naturelles, humaines, financières, culturelles.

L’entreprise ne s’épanouit pas dans le désert.

Au 19e siècle, l’économiste Alfred Marshall parlait en termes d’«atmosphère» pour expliquer l’esprit de ces lieux où florissaient les entreprises.

Aujourd’hui, les concepts de système productif régional, de milieu innovateur et de région apprenante nous servent à mieux comprendre ces liens d’interdépendance entre l’entreprise et son territoire.

(…) Plus largement, on parlera donc des «régions qui gagnent» comme étant celles où les différents acteurs, publics et privés, auront réussi à coordonner leurs efforts vers des projets communs, le premier étant le développement pérenne du milieu de vie qu’ils partagent.

C’est en ce sens qu’aujourd’hui on insiste sur l’idée que le développement doit être vu comme un processus, un processus exigeant porté par des acteurs variés issus des sphères tant publique que privée, associative ou citoyenne.

De leur travail conjoint émergent des rapports d’interconnaissances, de nouvelles connaissances, des arrangements et des conventions.

Lorsque ceux-ci font défaut, il y a dysfonctionnement et l’économie en souffre.

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