Organiser sa communauté

Je l’avais annoncé au début de l’année 2014, notre territoire doit à présent passer à l’étape de l’organisation structurée et globale de son développement.

Attention, s’organiser globalement ne veut pas dire s’oublier localement (besoins et actions sur le territoire de chaque municipalité) ou sectoriellement (actions ciblées dans le cadre des missions sectorielles des organismes supra locaux et menées sur l’ensemble du territoire de la MRC).

S’organiser globalement veut dire mettre en place un système organisationnel permettant de canaliser les énergies disponibles sur des actions communes afin d’obtenir les résultats souhaités. Dans ce système, tous les acteurs (locaux et supra locaux) tendent à évaluer et répondre collectivement aux différents besoins locaux.

Les énergies disponibles sont composées du temps et de l’argent que les acteurs locaux (citoyens et élus) et supra locaux (organismes sectoriels) sont prêts à investir dans le développement.

Le développement est un processus humain (social) qui vise à améliorer les conditions de vie des populations vivant sur un territoire. Les conditions de vie ont été balisées par l’OCDE en fonction de onze indicateurs (voir Les indicateurs du vivre-mieux).

L’organisation sociale (processus humain) d’un territoire a une grande influence sur ses résultats socioéconomiques (conditions de vie). Il est donc  important de bien en comprendre les différents paramètres.

Michel Blondin a parcouru l’organisation sociale pendant 40 ans. Selon lui, une organisation efficace du développement des communautés repose sur six paramètres centraux qu’il détaille comme suit :

1- Connaître le territoire

  • S’imprégner de la culture, de l’histoire, de la vie ressentie, des frustrations.
  • Identifier les enjeux c’est-à-dire ce qui touche les gens.
  • Faire en sorte que les gens expriment leur perception de ces enjeux.
  • Étudier le leadership en place et connaître les leaders traditionnels.
  • Identifier les leaders du renouvellement et ce qui les motivera à s’engager

2- Définir une stratégie d’intervention

  • Choisir avec attention un enjeu qui amorcera la mobilisation des gens.
  • Bien définir l’approche pour une première mobilisation et le formuler dans un langage simple qui rejoint les gens.
  • Bien identifier les premières actions à poser et les premières victoires atteignables, car cela servira d’amorce à une implication plus poussée et plus exigeante.

3- Avoir une bonne équipe

  • L’importance de choisir des collaborateurs passionnés.
  • La nécessité de trouver comment maintenir la motivation de l’équipe, même dans les coups durs.
  • L’importance de valoriser la critique et les réserves de ces collaborateurs.
  • La nécessité de leur donner l’espace nécessaire à la créativité et aux spécificités de chacun.
  • La nécessité absolue de faire régulièrement des retours en équipe.

 4- Former les leaders à travers des actions et des interventions structurées

  • Concevoir une approche axée sur des actions à mener.
  • Profiter des retours sur l’action pour approfondir l’apprentissage.
  • Systématiser les apprentissages.
  • Développer le potentiel des leaders et valoriser leur expérience.
  • Compléter cette formation par des interventions formelles.

5- Se doter de stratégies politiques

  • Bien identifier des alliés, définir comment les approcher, quels arguments utiliser.
  • Identifier les adversaires et formuler les hypothèses pour les convaincre ou les neutraliser ou les écarter.
  • Définir comment influencer l’organisation où se passe l’action.
  • Faire des retours réguliers sur les actions menées et faire les ajustements nécessaires.
  • Si utile, s’allier aux médias.

6- Consigner l’expérience dans des documents

  • Nécessité de préparer des plans de travail écrits et discutés.
  • Utilité de rédiger la description de nos activités et de nos réalisations. Nécessité de préparer des bilans écrits de nos réalisations.
  • Formulation des justifications pour fins administratives ou de décision, ce qui facilite le travail de la direction.
  • Penser au transfert de nos expériences, ce qui peut inspirer d’autres organisations ou personnes et favoriser les échanges.

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Dans les détails de ces six paramètres, on voit très bien apparaître des éléments organisationnels forts importants autour desquels chaque communauté devrait s’organiser afin d’obtenir des retombées socioéconomiques positives et concrètes.

Tout d’abord, le développement n’est pas l’affaire d’un petit groupe restreint d’individus ou de leaders. Si l’organisation du développement semble reposer sur un tel groupe, ce dernier ne doit pas agir et décider de façon isolée, mais bien au contraire, il doit miser sur les potentiels individuels présents et faire en sorte de les accroître dans le futur.

Ensuite, il faut miser sur des actions qui auront un effet fédérateur des potentiels.

Enfin, ces paramètres font référence à un véritable système organisationnel dans lequel plusieurs personnes jouent un rôle précis dans un but précis tout en étant en étroite collaboration permanente. Je vois notamment dans un tel système des personnes qui parviennent à s’épanouir individuellement en s’engageant ensemble (action portée collectivement) dans une cause commune.

 

L’important est de trouver l’équilibre entre être uniquement connecté sur un objectif et être ouvert à tout.

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