Il faut un peu de tous pour bâtir un meilleur monde

Prendre des décisions en commun n’est pas une chose facile quand on souhaite le faire dans le respect de tous et de façon consensuelle.

Chacun a sa personnalité qu’il exprime avec plus ou moins de délicatesse. Chacun a ses craintes, ses perceptions, ses solutions, etc.

Les attitudes individuelles peuvent créer des tensions et même des conflits parfois longs à réparer.  Dans ces cas, les partenaires ne prendront pas de plaisir à se rencontrer et à agir ensemble au plus grand malheur du résultat à atteindre collectivement.

Et pourtant, ce que chacun exprime est avant tout ce qu’il est dans ses croyances (la motivation à agir), ses capacités (la mobilisation) et sa responsabilisation (les moyens utilisés habituellement pour agir).*

Afin d’éviter tensions et conflits de groupe, il faut d’abord que les partenaires soient motivés positivement. Un véritable partenaire ne doit pas défendre ses intérêts, il doit construire avec les autres dans un but commun.  Il faut ensuite que les rencontres se déroulent dans un esprit cordial et amical. Il n’y a pas d’ennemis, uniquement des partenaires qui cherchent à faire avancer une cause commune. Finalement, il faut un respect mutuel. Le respect commence par accepter l’autre comme il est, car chacun a la conviction profonde que chacun est utile au groupe.

Afin de mieux baliser cette notion d’utilité, les chercheurs ont caractérisé les individus en fonction de cinq profils définis selon leur valeur, leur compétence et leur leadership : le modèle TRIMA. Voici quelques caractéristiques de chaque profil.

  • Le traditionaliste ramène le groupe à l’ordre en rappelant le cadre d’intervention et les acquis qu’il ne faut pas perdre (« ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain »). Son rôle est important afin d’éviter que le groupe s’éparpille et oublie sa raison d’être et ses fondations, mais attention, si le traditionaliste domine le groupe, la créativité collective sera freinée.
  • Le réflexif prendra le temps de bien analyser la situation. Son rôle est important pour éviter que les actions soient prises à la hâte et dans l’erreur, mais attention, s’il domine, l’action du groupe sera ralentie.
  • L’innovateur a toujours de nouvelles idées et de nouvelles solutions. Son rôle est important pour stimuler la créativité collective, mais attention, s’il domine, le groupe risque de ne pas atteindre son objectif.
  • Le médiateur cherche à valider les idées et les opinions de chacun ainsi qu’à trouver les consensus. Son rôle est important puisqu’il permet à chacun de s’exprimer et de clarifier ses pensées, mais attention, s’il domine, il y a un risque d’immobilisme.
  • L’actif cherche à passer à l’action le plus rapidement possible. Son rôle est important puisqu’il stimule le groupe à agir, mais s’il domine, il risque de briser le groupe, car les autres partenaires ne souhaiteront pas légitimer des actions prises à la hâte.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que chaque rôle est utile à l’équilibre du groupe et, par conséquent, à l’atteinte des objectifs. Chaque partenaire doit comprendre que les forces des uns compensent pour les faiblesses des autres. Le groupe doit être constitué en fonction de la diversité des profils représentés et non des individus parce qu’ils représentent une organisation.

En développement, il est important de bâtir des équipes plutôt que des comités. La notion d’équipe fait référence à des notions de solidarité et de complémentarité, ce qui n’est pas le cas avec la notion de comité qui réfère plutôt à la notion de représentativité et donc à une logique bureaucratique.

La distribution consciente des rôles selon les cinq profils TRIMA est importante. Chaque partenaire doit être conscient de son rôle et de celui des autres. Ainsi, les rencontres vont devenir amusantes et presque devenir un jeu au lieu d’entretenir des tensions. En effet, les partenaires écouteront et comprendront :

  • le pessimiste, puisque c’est son rôle d’être le réflexif de l’équipe;
  • le  flyée, car c’est le rôle de l’innovateur;
  • le pointilleux, puisque c’est le rôle du traditionaliste;
  • le nerveux, car c’est son rôle d’être l’actif de l’équipe;
  • le têteux, puisque c’est le rôle du médiateur.

Bonnes prochaines rencontres!

* À noter : on remarque que la mobilisation des personnes dépend notamment de leur motivation et de leur capacité à agir.

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