La responsabilisation citoyenne, un pilier de l’économie locale

Croire que la simple constitution d’une coopérative va régler la survie du dépanneur du coin, c’est un peu comme croire qu’on va bien finir par trouver cette mau..te aiguille dans la botte de foin.

La coopérative de Saint-Antoine-sur-Richelieu (une municipalité de 1 700 habitants à 55 km au sud-est de Montréal) nous donne un exemple que rien n’est gagné d’avance (voir l’article : « Le magasin général ferme ses portes » de Frédéric Lacroix-Couture).

Entendons-nous!  Une coopérative n’est qu’un modèle de gestion d’entreprise, rien de plus. La reprise d’un commerce en déclin, ou fermé, sous la forme d’une coopérative ne garantit pas sa réussite. Des facteurs économiques et sociaux sont essentiels.

Pour l’aspect économique, il faut retenir deux éléments. Premièrement, une coopérative ne réussira pas là où les précédents propriétaires privés ont échoué sans apporter de changements à la gestion courante (révision des frais d’exploitation, qualité et quantité des inventaires, relations avec la clientèle, etc.). Deuxièmement, le bassin de population (consommateurs potentiels) doit être bien étudié.

Pour l’aspect social, j’irai droit au but, je dénonce tout comportement purement consommateur de la population qui s’attribue le droit « d’exiger de » plutôt que de « prendre part à ». La qualité de consommateur n’est aucunement liée à la qualité de payeur de taxes. Le contribuable contribue à la vie collective, il ne la consomme pas.

Quand on est citoyen de sa municipalité, on cherche à bâtir ensemble une vie meilleure dans sa communauté en s’engageant. Agir en consommateur, c’est attendre d’être servi selon nos intérêts et besoins individuels sans considération pour l’ensemble de la communauté.

Il ne sera pas possible de maintenir en vie les commerces et services de nos villages, et par conséquent la vitalité rurale, sans un comportement citoyen de la population, sans cette responsabilisation citoyenne qui engage les populations dans la vie de leur communauté. Chaque citoyen fait partie d’un tout auquel il appartient et dont il est responsable.

Il n’y a pas d’économie possible dans un désert social.
Bernard Vachon.

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2 réflexions sur “La responsabilisation citoyenne, un pilier de l’économie locale

  1. Je comprends pourquoi tu es reconnu comme un des modèles du Québec. Un texte comme celui-ci vaut de l’or. La coopération n’est pas un geste de « consommateur », mais une façon de « contribuer à la vie collective ».
    J’en ai vu de ces consommateurs coopérateurs… Et la dernière en ligne (dans un sens un peu différent cependant) une coop qui bâtit un dépanneur, poste d’essence, et autres, à côté d’un petit commerce semblable qui va mourir, et ça, au sein d’une communauté de moins de 750 habitants.
    La coopération a meilleur goût quand elle est bien comprise…

  2. Ces réflexions sont pertinentes en général et pas seulement en milieu rural. Dans les villes c’est le même constat, les dollara** prennent la place des commerces de proximité et les « plateau Saint-Joseph » poussent comme des champignons aux périphéries…

    Le phénomène est simplement plus frappant en milieu rural car plus fragile.

    Ça va prendre un changement de mentalité, ou bien l’essence à 3$ le litre…

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