Comment bien travailler ensemble ?

Afin de faire face à tous les défis du développement, il est primordial de travailler ensemble (créer des espaces collectifs de travail regroupant professionnels du développement d’organismes différents, élus et citoyens). 

Dans la plupart des territoires ruraux ces espaces de travail collectif prennent des formes variées allant du simple échange d’information au partage des responsabilités et des décisions entre les participants. Voici dans l’ordre croissant du partage des responsabilités et des décisions les principales formes de collectif.

  • Consultation : recherche d’information sans obligation d’en tenir compte. Aucun partage.
  • Groupe aviseur ou conseil : recherche d’information avec obligation d’en tenir compte. Aucun partage, mais pouvoir d’influence des participants aviseurs.
  • Collaboration : mise en commun de ressources autonomes afin de réaliser une action commune. Partage modéré.
  • Concertation : processus formel de coordination (ni hiérarchisé, ni institutionnalisé) en vue d’atteindre des objectifs communs. Partage modéré.
  • Partenariat : les participants sont interdépendants et s’engagent formellement, et de façon négociée, à contribuer à l’atteinte d’objectifs. Partage fort.
  • Action intersectorielle : mobilisation et réunion de ressources sectorielles différentes afin de mettre en place un plan d’action global pour résoudre un problème complexe. Partage fort.

Peu importe les formes de collectif, une question centrale demeure : comment bien travailler ensemble ?

Pour bien travailler ensemble, il est nécessaire de dépasser l’individualité pour servir le collectif, mais pour cela, encore faut-il bien comprendre la nature du collectif.  Si on parle souvent de problèmes de communication pour expliquer les incompréhensions entre participants, reconnaissons que très souvent il s’agit plutôt d’un manque de vision ou d’organisation de la part de la personne ou de l’organisme qui initie le collectif.

Deux défis préalables à toute initiative de collectif sont à relever.  

Le premier défi est de rallier des personnes (futurs participants au collectif) qui n’ont pas les mêmes intérêts, les mêmes mandats et les mêmes rôles dans le développement. Il faut ainsi réussir à déterminer l’ancrage reliant les intérêts des différents participants. Certains appellent ce point de convergence: « l’ennemi commun« ; alors que d’autres préfèrent l’appeler: « la cible commune« . 

Le second défi est de bien définir la forme du collectif, parce qu’un collectif ce n’est pas une simple réunion de personnes qui jasent ensemble. Malheureusement, dans certains cas, on saute vite dans l’action (invitations et discussions) sans prendre le temps de bien définir pourquoi on veut former ce collectif, quels sont les principaux objectifs que ce collectif devra atteindre, et, quel rôle chaque participant devra jouer au sein du futur collectif. Enfin, dans d’autres cas, on veut poursuivre bien trop d’objectifs en même temps ce qui oblige la création d’un collectif multiforme dans lequel les rôles de chacun s’entrechoquent rendant les échanges improductifs et déplaisants pour les participants. Cette empressement à agir plutôt qu’à définir, ou, à vouloir suivre trop de lièvres en même temps, entraîne plusieurs conséquences négatives:

  • en cours de processus: démobilisation des participants
  • en fin de processus: objectifs rarement atteints collectivement
  • dans le futur: difficulté de mobiliser les mêmes participants

Que l’on soit citoyen, élu ou professionnel, nous sommes avant tout des êtres humains portés vers des actions collectives à conditions :

  • qu’elles soient clairement définies et bien organisées
  • d’avoir du plaisir à rencontrer les autres participants 
  • de se sentir utile au sein du collectif (pouvoir d’influence) 

Pour que ces conditions soient remplies il faut notamment :

  • un animateur crédible en qui les participants ont confiance
  • prendre le temps de bien expliquer le cadre du collectif (raison d’être, objectifs, rôle de chacun)
  • prendre le temps de co-construire le collectif (comment on va se parler, comment on va se rencontrer, comment on va agir) afin de créer un sentiment d’appartenance chez chaque participant.
  • faire circuler l’information pertinente entre les participants (transparence)
  • mettre en valeur les apports de chacun (si petit soient-ils)
  • laissez s’exprimer tout le monde (permettre à chacun de trouver des solutions, d’influencer)
  • se servir des énergies négatives pour créer des moments de recul collectif
  • développer une perspective globale (capacité de voir un futur proche réalisable et un futur plus lointain qu’on cherche à atteindre)
  • chercher à « apprendre ensemble«  et non seulement à « agir ensemble » (permet le renouvellement d’expériences collectives).

Bien travailler ensemble exige ainsi de la volonté, un cadre d’intervention clair, des compromis, du plaisir et de nombreuses expériences communes.

Ça prend beaucoup d’actions réalisées collectivement pour faire une bonne équipe !  Et ça prend toute une équipe pour faire du développement !

Une réflexion sur “Comment bien travailler ensemble ?

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