Passer à l’action, pourquoi pas ?

Si être actif est plutôt valorisé dans notre société, on peut se demander pourquoi il n’y a pas plus de personnes qui s’impliquent dans nos communautés rurales.

« Passer à l’action » nécessite cependant une motivation (un intérêt) principalement basée sur une insatisfaction de la situation. Bref, on souhaite que les choses changent: sans ce souhait, pas d’action.

L’action est ainsi un geste visant à changer une situation personnelle ou collective. Mais, en développement des communautés, on souhaite que les personnes s’impliquent pour changer la situation collective, et non leur situation personnelle, ou celle du groupe qu’elles représentent.

« Passer à l’action » est un processus en 3 étapes (déclencheurs). Une personne passera à l’action si :

  1. elle a pris conscience que la situation collective ne peut plus durer ainsi: faut que ça change
  2. elle a la volonté de passer à l’action: elle est convaincue que son implication est utile et nécessaire à la communauté.
  3. elle trouve les moyens de passer à l’action: elle sait comment trouver le temps, l’argent et les savoirs nécessaires afin de réaliser l’action.

Regardons tout ça de plus près…

En ce qui concerne la prise de conscience….combien de personnes sont conscientes de la situation globale et spécifique de leur communauté ?

Pour quels changements s’impliquer si on ne connaît pas la situation réelle de la communauté ?

Le plus souvent, c’est quand il y a un véritable risque de perte (fermeture de l’école, du dépanneur, de l’usine, de l’église, etc. ou destruction d’un paysage, d’un site, etc.) que les personnes se mobilisent et s’impliquent. La prise de conscience se fait alors sur le « faut pas que ça change ! » plutôt que sur le « faut que ça change ! ». La majorité des personnes sont plus en mode « conservation des acquis » (réaction) qu’en mode « évolution des acquis afin d’éviter de les perdre » (proaction).

Il faut savoir que lorsqu’une crise éclate, ça fait longtemps que la situation se dégrade. Un des pièges dans lequel de nombreux leaders ruraux tombent est celui du positivisme (seuls les bons coups sont mis de l’avant). Cette façon de faire a l’avantage de donner une bonne image, mais l’inconvénient de ne pas mobiliser. « Puisque tout va bien, pourquoi s’impliquer, ça à l’air de marcher très bien sans nous ! »

En ce qui concerne la volonté…combien de personnes voient que la situation se dégrade, mais ne voient pas ce qu’elles pourraient y faire ?

Pour elles, la situation est issue de problèmes plus grands (conjoncturels, systèmiques, politiques, économiques, etc.), et créés par les autres (gouvernement, élus, gestionnaires, etc.).  Dans les deux cas, elles ne peuvent rien y faire, elles sont les victimes d’une situation. « C‘est à ceux qui ont créé la situation de la corriger ! »

En ce qui concerne les moyens…combien de personnes aimeraient agir (volonté) pour changer la situation (prise de conscience), mais estiment de pas en avoir les moyens ?

Elles imaginent certaines actions permettant de corriger la situation, mais la complexité de leur mise en oeuvre (les moyens) bloque net leur envie de passer à l’action.

En conclusion, « passer à l’action » est une véritable course à trois obstacles: prise de conscience, volonté et moyens.

De ce fait, il m’apparaît essentiel de bien organiser, localement et territorialement, le développement (gouvernance partenariale) afin que toute personne désireuse de s’impliquer puisse être accueillie, écoutée et sentir la force du groupe derrière le changement souhaité.

Une bonne organisation du développement devrait aussi permettre d’informer la population des véritables enjeux et défis de la communauté afin d’accroître les prises de conscience et ainsi susciter mobilisation et implications proactives.

Le CLD Domaine-du-Roy (Saguenay) a organisé une tournée d’échanges et de visites afin que les municipalités puissent présenter leurs bons coups, leurs projets, et surtout, leurs façons de s’organiser. Dans tous les cas, les plus belles réussites dépendaient grandement de la mobilisation, l’implication citoyenne et la coordination.

Cette expérience saguenéenne nous prouve que le dynamisme rural dépend de la capacité des communautés rurales à travailler ensemble, à s’entraider et à être solidaires de façon à ce que tous les moyens pour passer à l’action puissent être réunis et que chacun puisse trouver sa place.

Pour en savoir plus, je vous conseille le site de Communagir (déjà référé sous son ancien nom « Vers l’impact », dans un article du 28 juillet 2011 intitulé : Pour en apprendre plus sur la mobilisation). La section Comprendre et agir est vraiment riche en contenu.

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