Des chercheurs au service des communautés rurales

Le 2 mai 2011, élus, citoyens et professionnels du développement du Haut-Saint-François, et de l’Estrie (environ 50 personnes), s’étaient réunis à Lingwick pour un séminaire organisé par un groupe de chercheurs de l’Université de Sherbrooke, afin d’échanger sur les modes d’intervention en développement des communautés rurales.

Un an après ce séminaire, deux rapports, mettant en évidence des éléments incontournables du développement, sont en ligne.

Dans le premier rapport intitulé: « Temporalité des politiques et modes locaux d’appropriation« , les chercheurs soulignent que les innovations sociales territoriales, créatrices de véritables dynamiques de développement, émergent des actions de renforcement des communautés, axées sur une mobilisation et une animation des acteurs locaux (élus et citoyens) soutenus par des professionnels du développement (experts sectoriels) dans le but d’accroître la capacité des communautés à entreprendre collectivement des actions en vue de leur développement. Plus ces actions seront guidées par une vision territoriale et intersectorielle, plus le but ultime du développement, qui est d’accroître le bien-être des populations, pourra être atteint.

————————————————————————————————————————

Dans le deuxième rapport intitulé: « Le projet d’économie sociale comme levier de développement des capacités des communautés dévitalisées« , toujours dans le cadre de la recherche d’éléments favorables à l’innovation sociale territoriale, souligne l’importance de bien distinguer entre « faire un projet » (la réalisation du projet est centrale, l’expertise est la base) et « être en projet » (le processus vécu par le groupe avant, pendant et après la réalisation du projet est central, l’apprentissage collectif est la base). Dans « être en projet« , le groupe a appris à travailler ensemble, a accru sa capacité d’entreprendre collectivement, …  Bref, la communauté a renforcé sa capacité à se bâtir un meilleur avenir.

Dans ce deuxième rapport les chercheurs soulignent 14 capacités génératrices d’innovations sociales, dont:

  • S’allier des acteurs avec qui nous n’avons pas l’habitude de travailler
  • Se donner le droit de rêver collectivement
  • Rallier l’économique au social
  • Intervenir pour accorder les institutions, les élus et les citoyens porteurs de projets
  • Dépasser les intérêts particuliers pour mettre de l’avant la communauté
  • Reconnaître ce que l’autre est en train de mettre en place comme contributif au territoire

———————————————————————————————————————–

Enfin, en octobre 2011, Luc Bisson rédigeait une étude intitulée: « La gouvernance partenariale: un facteur déterminant du développement des collectivités rurales« . Dans cette étude, l’auteur mentionne notamment que le développement dynamique des communautés locales rurales repose sur des mécanismes décisionnels et des rôles bien établis autant pour les élus que les citoyens.

Au-delà d’une simple communication, il doit exister de véritables régles démocratiques d’implication et de responsabilisation à suivre (incluant dans le choix des élus). L’auteur explique que les communautés locales doivent définir et choisir ces règles. Selon le choix, on distingue deux types de gouvernance :

  • La gouvernance locale « monopolisée »: lorsque le conseil municipal est monopolisé par de petits groupes locaux qui favorisent des intérêts organisationnels ou privés, et non collectifs. Ce type de gouvernance fait disparaître toute collaboration, coopération et partenariat au profit de conflits internes qui se gravent dans la mémoire commune pour des années à venir.
  • La gouvernance locale « partenariale équilibrée »: lorsque les élus et les citoyens ont mis en place collectivement des mécanismes, des processus et des dispositifs de gouvernance inédits, innovateurs, démocratiques, transparents, faisant place à l’ouverture et au dialogue, où règne un partage de pouvoirs entre les élus et les citoyens dans le but de produire des résultats bénéfiques pour l’ensemble de la communauté.

Une réflexion sur “Des chercheurs au service des communautés rurales

  1. Pingback: Points communs entre J.O et D.C « Avenir Haut-Saint-François

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s